| La crise à la Faculté de Médecine et de Pharmacie du 27 avril au 23 septembre 2009 |
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I. établiront la chronologie des faits et évènements les plus saillants qui ont jalonné la crise du 27 avril au 22 septembre 2009 ; II. rappelleront leurs différentes prises de position dans la crise ainsi que celles de l´Assemblée des Enseignants; III. présenteront leur analyse de la crise à partir des données factuelles disponibles, IV. feront état, après un rappel des décisions qu´ils ont arrêtées au début du mois de septembre, d´une proposition soumise à la dernière Assemblée des Enseignants tenue le mercredi 16 septembre 2009 et susceptible de permettre une reprise progressive du fonctionnement normal de l´Institution: I.CHRONOLOGIE DÉTAILLÉE DES PRINCIPAUX ÉVÈNEMENTS DE LA CRISE 27 avril 2009 : Fermeture de la Faculté par le Comité central des étudiants, sans Assemblée préalable de ces derniers et sans préavis quelconque. Les cadres et employés administratifs déjà présents sur les lieux sont ¨ invités ¨ à quitter l´Institution. A noter que des posters, écrits pour certains d´entre eux dans un langage grossier, avaient commencé, depuis quelques jours, à couvrir les murs de la Faculté. 27 avril 2009 : Diffusion par le Comité central d´un document (# 1) de 7 pages intitulé « Radiographie de la FMP/ETM. Quelle issue ??? » dans lequel est présentée une liste de 23 revendications. Le document, après un rappel de la crise de septembre 2008, met l´emphase sur un point en particulier : la suppression délibérée par le Décanat d´un certain nombre de cours ou de travaux pratiques (14 au total), point qui sera appelé ultérieurement ¨la chasse aux cours¨ et qui donnera lieu à une expression qui va paraitre dans un article du Nouvelliste, à savoir : ¨La Faculté de Médecine allégée¨. Comme signalé précédemment, le document comporte 22 autres revendications qui sont pour la plupart d´ordre structurel, telles par exemple la création ou la remise en état de fonctionnement de certains laboratoires, revendications qui ne peuvent être satisfaites dans l´immédiat. A la suite d´une assemblée générale improvisée à la hâte, 458 étudiants signeront le document. Beaucoup d´entre diront par la suite l´avoir fait parce qu´un tel document ne faisait aucune référence ni au renvoi du Décanat, ni à la notion d´une grève illimitée pour atteindre cet objectif. 27 avril 2009 : note signée par l´ensemble des comités de promotions (26 signatures) et adressée aux moniteurs de stage pour leur annoncer qu´en raison de la crise les stages ne pourront pas se tenir pendant deux semaines. A partir de cette date du 27 avril : interventions multiples des étudiants et notamment des membres du comité central dans les médias : radios, télévisions, journaux, charriant tout le cortège de mensonges, inexactitudes, désinformations, diffamations mêmes, habituel dans ce genre de situations et également des propos de plus en plus grossiers à l´encontre des membres du Décanat et de certains chefs de Département. 29 avril 2009: Dans une note signée de 19 étudiants, destinée en principe aux membres du Décanat, aux Professeurs et aux Moniteurs de stage mais qui en fait ne sera remise qu´à quelques Professeurs, les étudiants ¨invitent¨ le Décanat et l´ensemble du corps professoral à une ¨Assemblée mixte¨ (statutairement inexistante) qui devrait se réunir le lendemain 30 avril. Il n´y n’aura bien entendu pas de réunion. 29 Avril 2009 : première tentative ouverte de politisation de la crise par le Dr Gélin Gédéon, conseiller spécial du président de la commission santé de la chambre des députés. Parlant au nom de ce dernier, le Dr Gédéon dans une première lettre adressée aux enseignants de la Faculté, prend fait et cause pour les étudiants, déclare péremptoirement que le décanat élu de la Faculté a perdu sa légitimité et demande au Conseil des chefs de département de se désolidariser de ce dernier. 30 avril 2009 : le Décanat et le Conseil des Chefs de Département, conscients de leurs responsabilités et soucieux du fait que l´arrêt des stages hospitaliers est encore plus de nature à entrainer la perte de l´année académique pour les étudiants que l´interruption des cours, émettent un avis à l´attention des moniteurs de stage pour la poursuite de leurs activités d´encadrement de ces derniers à l´Hôpital de l´Université d´État d´Haïti (HUEH). 30 avril 2009 : Le Dr Gélin Gédéon récidive. Il tente cette fois-ci, dans une autre lettre ouverte aux enseignants, une manœuvre grossière, inélégante et bien entendu infructueuse de division du Conseil des Chefs de département et lance une attaque personnelle contre le Dr Robert Jean-Louis et le Dr Rodolphe Malebranche. Ceci amènera ce dernier à adresser, d´abord par la voie du courrier électronique, une lettre ouverte aux enseignants, responsive à la sienne, lettre qui sera publiée dans le Nouvelliste du mardi 12 mai 2009. A partir du 04 mai 2009 : les étudiants par voie de presse et semble-t-il également dans un 2ème document jamais vu, formulaient clairement le vrai objectif de leur mouvement, à savoir le « dechoukag » du décanat élu de la Faculté. 11 mai 2009 : Réunion extraordinaire du Conseil des Chefs de département. Prise de position du Conseil condamnant l´entreprise insensée du comité central des étudiants et apportant son soutien total au Décanat, en découle de cette rencontre une note de presse rendant publique la position du Conseil. 13 mai 2009 : convocation de l´Assemblée des professeurs par le Décanat. Tous les enseignants présents à la réunion signent une note de presse renforçant la position des Chefs de Département et apportant leur soutien au Décanat élu de la faculté: 83 signatures ont été apposées à date. A noter qu’au moment où se déroulait cette rencontre au niveau du siège social de l’Association médicale haïtienne (AMH), se tenait simultanément dans la rue avoisinante, une manifestation d’étudiants scandant des messages et des refrains réclamant le départ du Décanat. 15 mai 2009 : les étudiants prennent la rue et montent vers le Rectorat. Ils seront bloqués et dispersés au niveau du pont Morin. La police à cette fin, semble-t-il, fera usage de gaz lacrymogène. 18 mai 2009 : raid d´une quarantaine d´étudiants majoritairement de la FMP, à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE) où se tenait un colloque sur la réforme de l´UEH, dans le cadre de la célébration du 18 mai. Le Vice-Recteur Deshommes était l´un des intervenants et le Dr Malebranche assurait la présidence de la session. Ce groupe d´étudiants envahissait la salle, empêchait violemment la poursuite du colloque (déconnexion des appareils de sonorisation, saisie des microphones) dans un vacarme infernal avec des chants et des slogans les uns plus orduriers que les autres, visant notamment le Conseil Exécutif du Rectorat, le Décanat de la FMP et nommément le Vice-Recteur Deshommes et plus encore le Dr Malebranche. Ils se dirigeaient par hordes successives vers le podium où se trouvaient ces deux derniers, devenant de plus en plus agressifs et menaçants. Leur objectif, outre l´arrêt du colloque, était d´effrayer le Vice-recteur Deshommes et le Dr Malebranche pour les porter à quitter la salle sous leurs huées. Il n´en fut bien entendu rien et après une heure de tentatives infructueuses ils se résignèrent à plier bagages et à vider les lieux 19 mai : nouvelle manifestation de rue et jets de pierres devant la faculté. 21 mai : nouvelle manifestation de rue, avec, semble-t-il, l´appui d´étudiants en provenance d´autres facultés et nouvelle tentative infructueuse de se rendre au Rectorat. 22 mai : conférence de presse conjointe du Décanat, du Conseil des Chefs de Département de la FMP et du Conseil Exécutif de l´UEH. Le Décanat et le Conseil des Chefs de Département dévoilent leur analyse de la crise, mettent à nu les mensonges véhiculés dans le document élaboré par le comité central des étudiants en insistant notamment sur l´un des points qui semblent avoir retenu l´attention des journalistes et de l´opinion publique à savoir la suppression délibérée, par l´actuel Décanat, d´un certain nombre de cours du cursus de la Faculté. Le Conseil Exécutif de l´UEH apportera lui aussi son soutien inconditionnel au Décanat de la FMP, ce qui lui vaudra d´être pris à partie lui aussi par ¨ les étudiants grévistes. Il sera présenté à la presse et au public, à cette occasion, un document daté du même jour et élaboré par le Décanat et le Conseil des Chefs de Département. A partir de la 3ème semaine du mois de mai, les étudiants de la FMP commençaient à recevoir l´appui de groupes d´étudiants en provenance d´autres entités de l´UEH et notamment de la Faculté des Sciences humaines (FASCH), de la Faculté d´Ethnologie (FE) et de l´École Normale Supérieure (ENS). Les ¨revendications¨ par ailleurs quittaient le domaine strictement académique pour s´intéresser d´abord à la question du salaire minimum en pleine ébullition à l´époque, puis à des questions sectorielles (révocations des employés de la Teleco, de l´APN …) pour embrasser enfin la question du ¨ 14ème mois ¨ non accordé cette année aux employés de la fonction publique. Au cours de leurs manifestations ou lors de leurs interventions dans la presse, les étudiants ne se contenteront plus de réclamer uniquement le départ du Décanat de la Faculté, mais également celui du Conseil Exécutif de l´UEH et même celui du Président de la République. Certains enseignants de la FASCH et de l´ENS notamment montaient également au créneau pour apporter par leurs déclarations leur appui aux étudiants de la FMP. Durant toute la période des vacances, les manifestations se poursuivront à proximité de la Faculté et d´autres entités de l´UEH (FE, ENS et FASCH) ainsi que dans les rues de la Capitale. Elles se feront de plus en plus violentes, aboutissant à des voies de fait de plus en plus graves sur les biens et les personnes, telles : · jets de pierre sur les passants avec bris de vitres des véhicules circulant à proximité de l´aire des manifestations; · agressions verbales de plus en plus violentes, menaçantes et diffamatoires envers les membres du Décanat et de certains enseignants; · inscription de graffitis injurieux et menaçants sur les murs des cliniques de plusieurs enseignants de la Faculté; · agression physique, le 09 juin 2009, du Professeur Philippe Hugues Carrénard, Enseignant émérite de cardiologie à la Faculté et à l’ Hôpital de l’Université d’ État d’Haïti (HUEH) depuis 32 ans, pris dans un véritable guet-apens aux abords de la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE); ce fait jamais vu dans l´histoire de la Faculté entraînera la démission immédiate de la victime · incendie d’un véhicule de la Minustah devant la Faculté…, Toutes ces actions créant des troubles majeurs à l’ordre public, imposant l’intervention des forces de l’ordre. 3 juin : rencontre du Conseil Exécutif de l´UEH, du Décanat de la FMP et du Représentant des Enseignants de la FMP au Conseil de l´UEH avec la Commission Santé du Sénat de la République à l´initiative de son président, le Sénateur Rudy Hériveaux, Docteur en Médecine et ancien étudiant à la FMP. La rencontre se déroulera en présence également de quelques autres Sénateurs de la République dont le Sénateur Yvon Buissereth, Président de la Commission Éducation du Sénat, le Sénateur Edmonde Beauzile Supplice, Membre de cette Commission, le Sénateur Youri Latortue et du Président du Sénat, le Sénateur Kelly C. Bastien, Docteur en Médecine et ancien étudiant à la FMP. Nous aurons l´occasion de revenir sur cette rencontre. 5 juin : note de presse du Conseil Exécutif de l’ UEH relative aux suites de la rencontre avec la Commission Santé du Sénat. 9 juin : attaque délibérée, comme déjà mentionné plus haut, perpétrée par un groupe d´étudiants de la FMP contre la voiture et la personne du Professeur Philippe Hugues Carrénard. Note de presse du Décanat et du Conseil des Chefs de Département, datée du même jour, dénonçant et condamnant avec force l´agression 10 juin : production par un groupe d´étudiants de la FMP qui veulent reprendre leurs activités académiques et se sont constitués à cette fin en « Comité de réflexion sur la crise » d´un document intitulé : « Proposition de sortie de crise ». Ce comité, constitué d´une dizaine de membres, rencontrera le même jour le Décanat, le Conseil des Chefs de Département et quelques Enseignants de l´Institution. La proposition de sortie de crise formulée par ces étudiants est axée autour de trois points majeurs : · maintien en place du Décanat de la Faculté; · absence de sanctions contre les étudiants grévistes, point rejeté par le Décanat, le Conseil des Chefs de Département et les quelques Enseignants présents à la rencontre, au vu de la tournure déjà prise par les évènements à cette date; · formation d´un comité mixte de prise en charge adéquate des « doléances » des étudiants. Ce comité prendra ensuite le label : « Collectif des étudiants pour la sauvegarde de la FMP ». Les membres de ce comité ainsi que les étudiants qui auront adhéré ouvertement à la proposition de sortie de crise se feront agresser verbalement et même physiquement à plusieurs reprises par les membres du comité central des étudiants et les chefs de file du mouvement de grève et de dechoukaj du Décanat. Ces actes répréhensibles aboutiront finalement à des plaintes formelles en justice, point sur lequel nous aurons à revenir. Il est important de souligner ici que ce sont les mêmes étudiants qui prônaient le 10 juin l´absence de sanctions pour leurs condisciples qui finiront par porter plainte contre eux par devant la justice. 23 juin : note de presse du Décanat et du Conseil des Chefs de Département libérant les Enseignants de leurs engagements académiques jusqu´à la prochaine reprise académique. 25 juin : lettre extrêmement courageuse d’ Eddyson Jolicœur, étudiant en DCEM2 à ses camarades étudiants de la FMP dans laquelle : · il dénonce plusieurs aspects du mouvement : absence d´assemblée générale préalable des étudiants avant le déclenchement du mouvement, refus de communiquer la stratégie au début de la crise, le caractère illimité de la grève, les pratiques d´intimidation, de menace et même d´agression à l´encontre des étudiants qui manifestent certaines réserves vis-à-vis du mouvement…; · il pointe du doigt le principal meneur du mouvement et ses mobiles personnels, mesquins. 1er juillet : lettre du comité central des étudiants ¨invitant¨ le Décanat de la Faculté à une rencontre dans l´enceinte de la Faculté occupée, prévue pour le 3 juillet. 2 juillet : note de presse du Décanat de la FMP pour signifier une fin de non recevoir à cette ´¨invitation¨. 8 juillet : nouvelle ¨ invitation ¨ adressée par le comité central des étudiants à la Doyenne de la Faculté et reçue par cette dernière dans l´après-midi du 09 juillet. L´objet en est une rencontre programmée pour le vendredi 10 juillet 2009 à 3 heures PM toujours dans l´enceinte de la Faculté occupée. 9 juillet : 2ème note de presse du Décanat par laquelle il décline une deuxième fois, motifs à l´appui, cette seconde ¨invitation¨ du comité central 14 juillet : note de presse du Décanat annonçant la reprise des activités académiques à partir du 1er septembre 2009. 15 juillet : invitation faite à tous les étudiants de la FMP d´assister à une rencontre extraordinaire avec le Conseil Exécutif de l´UEH et ayant pour objet la recherche d´une issue rapide à la crise qui a déjà trop duré. Cette rencontre doit se tenir au local même de la Faculté, occupé par les grévistes. 20 juillet : cette date peut être considérée comme le lundi noir de toute l´histoire de la FMP et de l´UEH. En effet, ce jour-là, le Conseil Exécutif de l´UEH, accompagné notamment de quelques Doyens de différentes entités de l´UEH, se présente à la Faculté comme cela avait été annoncé les jours précédents par voie de presse. Le Recteur se fera agresser verbalement par les étudiants contestataires qui l´empêcheront de délivrer son message. Les autres membres de la délégation et lui-même seront contraints de quitter précipitamment l´enceinte de la Faculté sous les quolibets et les injures des étudiants contestataires. Ils resteront bloqués dans leur voiture à l´extérieur de la Faculté, pendant au moins quarante-cinq minutes, par un groupe d´étudiants dont certains s´étaient couchés dans la rue en avant de la voiture et d´autres en arrière. Il faudra l´arrivée d´un personnage ¨vesté¨ - un Sénateur, paraît-il – pour que le barrage humain soit en un clin d´œil levé !! Il est à noter également que des échauffourées eurent lieu ce jour-là entre les étudiants contestataires et un autre groupe d´étudiants venus manifester avec des pancartes leur volonté arrêtée de reprendre leurs cours. Ces derniers se firent agresser verbalement et même physiquement (confiscation et bris des pancartes, coups de poing…) par les premiers. Ces faits extrêmement graves et lamentables donneront finalement lieu à une note tardive du Conseil Exécutif de l´UEH, condamnant les agissements des étudiants contestataires et excluant provisoirement M. Martial Bénêche, délégué des étudiants de la FMP au Conseil de l´UEH, du dit Conseil. Pendant tout le mois d´août, la Faculté reste occupée. Les étudiants continuent à manifester dans la rue, tantôt avec leur violence coutumière, tantôt pacifiquement. Le nombre des manifestants semble diminuer au fil des sorties. Leur velléité sporadique de se diriger vers le Rectorat de l´UEH est systématiquement bloquée par les forces de l´ordre. Le Conseil Exécutif de son côté multiplient les rencontres avec différentes personnalités (Enseignants de la Faculté qui ont tenté de s´engager dans un processus de dialogue avec les étudiants, membres de la société civile…) pour tenter de trouver une issue à la crise. 24 août : lettre du Décanat et du Conseil des Chefs de Département adressée au Conseil Exécutif de l´UEH, faisant part à ce dernier de leurs inquiétudes au vu de la persistance de la crise et quant au fait que l´année académique sera définitivement compromise si la Faculté est encore occupée au 1er septembre 2009. Les signataires de la lettre insistent sur le fait que la perte de l´année académique, outre ses effets néfastes sur les étudiants et leurs familles, auraient des conséquences extrêmement graves, entre autres : · sur le fonctionnement de l´Hôpital de l´Université d´Etat d´Haïti (HUEH), principal centre hospitalier du pays déjà en butte à bien des difficultés et qui serait privé d´internes en provenance de la FMP pour l´année académique 2009-2010; · sur le système de santé haïtien dans son ensemble puisque les principales institutions sanitaires du pays seraient à leur tour privées de médecins en service social en provenance de la FMP pendant l´année 2010-2011; · pour les bacheliers finissants de l´année scolaire 2008-2009 et les autres postulants éventuels qui se verraient privés de la possibilité d´entrer à la FMP pour l´année académique 2009-2010. Les signataires de la lettre pressent donc le Conseil Exécutif de tout mettre en œuvre pour que la rentrée annoncée pour le 1er septembre soit effective. 28 août : rencontre du Décanat, du Conseil des Chefs de Département et de quelques enseignants (les plus impliqués dans la recherche d´une solution à la crise) avec le Conseil Exécutif. Les demandes formulées dans la lettre sont réitérées par tous ceux – Membres du Décanat, du Conseil des Chefs de Département et Enseignants – qui prennent la parole à la réunion. NUIT DU 28 AU 29 AOUT : A LA DEMANDE DU CONSEIL EXÉCUTIF DE L´UEH, CONFORMÉMENT AUX PRESCRITS DES ARTICLES 34 ET 34-1 DE LA CONSTITUTION DE 1987, LA POLICE NATIONALE D´HAÏTI (PNH) INVESTIT LES LOCAUX DE LA FACULTÉ. CETTE OPÉRATION S´EST FAITE EN PRÉSENCE D´UN JUGE DE PAIX ET SANS CASSE, LES OCCUPANTS ILLÉGAUX DE L´ESPACE AYANT ÉVACUES D´EUX-MÊME LES LIEUX PAR LA PORTE DONNANT SUR L´HUEH. Cette intervention donnera lieu dans les jours qui suivront à des protestations en provenance d´étudiants de la FASCH, de la FE et de l´ENS, de quelques parlementaires, de certains professionnels de la politique, de quelques enseignants de l´UEH et de deux Décanats, celui de la FASCH et celui de l´ENS qui réclameront le retrait immédiat des forces de l´ordre aux abords de la Faculté. 29 août : dès le matin du 29 août, les forces de l´ordre quittent l´enceinte de la Faculté; la relève est assurée par des agents du corps de sécurité civil du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Les forces de l´ordre sont à l´extérieur de l´enceinte de l´Institution. 29 août : le Décanat accompagné de quelques Chefs de Département et d´un juge de paix se rend à la Faculté. Un constat légal de l´état des lieux est dressé par le juge de paix. Il sera retrouvé dans le sac d´un étudiant un lot d´une cinquantaine de tracts (chiffre précis relevé dans le procès-verbal du juge de paix) contenant des menaces extrêmement graves à l´endroit du Vice-Doyen de Médecine. L´étudiant en question a été clairement identifié par une pièce d´identité (nature exacte précisée dans le procès-verbal) retrouvée dans le sac. Il s´agit de M. Ilendieu Charles. Le sac avec tout son contenu a été emporté par le juge de paix comme pièce à conviction. La Faculté était dans un état de saleté épouvantable. Les murs des différents bâtiments étaient recouverts de propos grossiers, injurieux, orduriers et diffamatoires. Un point de presse improvisé est accordé aux quelques journalistes présents sur les lieux. 29 août : un groupe d’une cinquantaine d´étudiants manifestent devant la FMP pour signifier leur mécontentement. Puis ils se dirigent vers la Faculté des Sciences (FDS) où ils se livreront à des actes de vandalisme (bris des vitres d´une voiture et d´un bus) en représailles contre¨la Direction de la Faculté qui avait mis à la disposition du ¨Collectif d´étudiants pour la sauvegarde de la FMP¨ l´auditorium de l´Institution en vue d´une Assemblée générale des étudiants de la FMP. Cette Assemblée devait statuer sur une reprise des cours à la Faculté. 31 août : des étudiants lancent un mouvement de fermeture de différentes entités de l´UEH dont la FDS. Lors de cette opération, cinq d´entre eux dont M. Martial Bénêche, essaieront de convaincre la Direction de la Faculté de fermer l´Institution. Devant le refus de cette dernière d´obtempérer, ils fermeront de force la FDS. Ces deux actions consécutives au niveau de la FDS donneront lieu à une note de protestation et de condamnation ferme signée de la Direction de l´Institution. En définitive les différentes entités de l´UEH, en dépit de ces tentatives de blocage, continueront à fonctionner normalement. Les inscriptions à l´UEH pour la nouvelle année académique que les étudiants contestataires avaient la prétention de vouloir empêcher se feront normalement, en dépit de quelques tentatives de perturbations. Il en est de même pour les concours d´admission que ces mêmes étudiants prétendaient vouloir bloquer. Ils ont déjà eu lieu, sans problème majeur à la Faculté d´Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV), à la FDS et à la Faculté d´odontologie. Dans cette dernière entité, quatre (4) ¨individus ont tenté sans succès de perturber le déroulement des épreuves. L´un d´entre eux a été appréhendé par la police. Semaine du 31 août au 6 septembre : reprise progressive des activités administratives à la Faculté. Préparation de la reprise des activités académiques fixée au 7 septembre 2009. Une conférence de presse est organisée par le Décanat et le Conseil des Chefs de Département le mercredi 2 septembre 2009. Les enseignants et les étudiants indistinctement (y compris les membres du comité central et les meneurs du mouvement) sont invités à reprendre leurs activités académiques à partir du 7 septembre. 2 septembre : le Conseil de l´UEH fixe sa position par rapport à l´intervention des forces de l´ordre à la FMP. Le Conseil dans cette note : · rend les étudiants qui ont occupé illégalement la FMP responsables de l´appel fait aux forces de l´ordre pour libérer les locaux de l´Institution ; · reconnait que cette mesure (l´appel aux forces de l´ordre) relève de la compétence du Conseil Exécutif, tout en regrettant, vu le caractère exceptionnel de la mesure, que ce dernier n´ait pas pris le temps de le consulter avant ; · considère que cette mesure ne constitue nullement une violation de l´indépendance et du principe d´inviolabilité de l´espace universitaire dont les limites sont précisées dans les prescrits de la Constitution. Ces positions arrêtées par le Conseil de l´UEH seront rendues publiques le 7 septembre 2009. La liste de 21 des 22 signataires de cette note du Conseil Exécutif sera publiée dans un tract proférant des menaces sérieuses à leur encontre et annonçant la publication prochaine de leurs photos. LUNDI 7 SEPTEMBRE : DU JAMAIS VU A LA FMP : arrivée de la Doyenne, de certains chefs de Département et de quelques enseignants aux environs de 7:30 – 7:45 AM. Des étudiants sont également présents mais pas en trop grand nombre. Il est à noter que les étudiants contestataires avaient annoncé depuis plusieurs jours qu´ils s´opposeraient par tous les moyens à la réouverture académique de la Faculté. A 8:00 AM, plusieurs enseignants entrent en salle avec les étudiants présents pour débuter leur cours. La sécurité interne est assurée par une quinzaine de membres d´une nouvelle équipe d´agents de sécurité du MSPP. Aux environs de 8:30 AM, un premier groupe d´une 20aine d´étudiants contestataires font une intrusion en force dans la Faculté à la faveur de l´entrée d´une voiture dans la cour de la Faculté. Tout en vociférant des slogans menaçants, ils gagnent le 1er étage du bâtiment abritant les salles de classe, commencent à jeter des chaises depuis le 1er étage dans la cour de l´Institution, forcent Enseignants et étudiants à discontinuer les cours qui avaient commencé. Entre-temps d´autres ¨étudiants arrivent en renfort : certains de ces derniers seront identifiés comme des étudiants d´autres entités et notamment de la FASCH¨ Dans un premier temps ils vont agresser physiquement la 15aine d´agents préposés à la sécurité intérieure et vont les contraindre manu militari à quitter la Faculté. Le Chef de la brigade de sécurité sera frappé et aura ses lunettes brisées. Ces agents feront preuve d´un grand professionnalisme et ne répondront pas à la provocation. Après avoir chassé ces agents, la horde va laisser éclater sa fureur et va tenter d´agresser physiquement l´un des Chefs de Département, le Dr Rodolphe Malebranche, alors qu´il a le dos tourné. Fort heureusement pour lui, le Dr Jean Alouidor, Secrétaire de l´Amicale des anciens étudiants de la FMP, s´interposera et aura sa chemise déchirée. Le Dr Malebranche et le Dr Gladys T. Prosper, Doyenne de la Faculté resteront enfermés contre leur gré au Secrétariat exécutif de la Faculté jusqu´aux environs de 2:45 PM. Une étudiante, Melle Stéphanie Compère dont le seul tort était de vouloir reprendre ses cours, était giflée par l´étudiant Joseph Pierre-Jacques. Sa mère arrivée sur les lieux sera également agressée à l´entrée de la Faculté. Une plainte est actuellement instruite au parquet de Port-au-Prince. Les étudiants contestataires sont à nouveau maîtres de la Faculté. Un groupe d´enseignants – les Drs Bernard Lévêque, Robert Jean-Louis, Jacques Guy Lafontant, Gérard Abel, Jean Alouidor, Emile Hérald Charles, Aristobule Deverson, Jean Hénold Buteau, le Dr Jean Marius Laffond, Doyen de la Faculté d´Odontologie (FO)… – passeront plusieurs heures à tenter de les raisonner. Ils finiront par obtenir que les Drs Malebranche et Prosper quittent l´enceinte de la Faculté sans risque pour leurs personnes. Ils se proposent par ailleurs de tenter une dernière médiation entre le Décanat et les étudiants. 8 septembre : rencontre au Rectorat entre le Conseil Exécutif de l´UEH, le Décanat et le Conseil des Chefs de Département. Rappel des faits qui se sont déroulés la veille. Analyse de la nouvelle situation créée par le coup de force des étudiants et la réoccupation de la Faculté. Le Décanat et le Conseil des Chefs de Département estiment qu´une nouvelle évacuation des locaux de la Faculté est indispensable et urgente et sont déterminés à assumer leurs responsabilités. Certes cette mesure ne permettra pas à elle seule de solutionner la crise, mais elle constitue la première étape, le passage obligé de toute solution négociée. 8 septembre : dans l´après-midi du même jour, le Conseil Exécutif de l´UEH, le Décanat de la FMP et le Conseil des Chefs de Département rencontrent le Président de la République au Palais National, à l´invitation de ce dernier. Le Président se montre préoccupé par la crise et par sa durée et croit qu il est de son devoir, conformément aux prescrits de l´article 136 de la Constitution qui fait de lui le garant de la stabilité des Institutions de la République, de tout mettre en œuvre pour faire cesser cette déplorable situation. Après un résumé global de la crise fait par les Responsables de la FMP et après que le Président ait entendu chaque Membre du Rectorat de l´UEH, chaque Membre du Décanat et chacun des Chefs de Département, il adhère sans réserve à l´idée qu´il est impérieux et urgent d´évacuer à nouveau les locaux de la Faculté. Le Président de la République discute ensuite avec les Responsables universitaires des problèmes de fond de l´UEH qui ont en partie contribué à l´éclosion de la situation actuelle et s´engage à apporter sa quote-part à la résolution de la crise en dégageant notamment et très rapidement une enveloppe financière permettant de faire face à la prise en charge de certaines urgences à la FMP. Un budget de 30 millions de gourdes lui est soumis par les Responsables de la Faculté. Le problème sera également posé pour l´ensemble de l´UEH. 8 septembre : résolution du Décanat et du Conseil des Chefs de Département: · donnant un ultimatum expirant le mercredi 9 septembre 2009 aux occupants illégaux de la Faculté pour qu´ils quittent d´eux-mêmes les lieux ; · adressant une requête à la PNH pour procéder à la désoccupation de l´espace facultaire dès l´expiration de l´ultimatum. 9 septembre : diffusion de l´ultimatum qui annonce également la fermeture de la Faculté jusqu´à nouvel ordre. Peu après 3:00 PM, intervention des forces de l´ordre à la FMP. L´évacuation se fait en présence d´un juge de paix et sans casse, les 22 étudiants présents à la Faculté n´ayant opposé qu´une résistance passive. Ils sont conduits dans un des locaux de la police puis libérés dans la soirée même. 9 septembre : annonce par le Décanat et le Conseil des Chefs de Département, dans une circulaire à l´attention de la Communauté de la Faculté de Médecine et de Pharmacie et de l´École de Technologie Médicale de sanctions motivées : · 11 étudiants sont radiés de la FMP ; · 35 autres sont suspendus pour deux ans. Nouveau concert de protestations le jour même et les jours suivants. Il est formé un comité dit ¨de suivi de la crise¨ constitué de quelques enseignants et étudiants majoritairement de la FASCH. Le Conseil Exécutif est dans son collimateur. Le départ de ce dernier – démission ou renvoi - est réclamé avec force par ce comité. Des appels au soulèvement général de la communauté universitaire et même de la Société civile sont lancés à bâbord et à tribord. Sporadiquement la démission du Président Préval est également réclamée. Des manifestations hebdomadaires sont programmées. Elles se font dans l´indifférence totale de la population générale. Elles n´arriveront jamais à date à réunir plus d´une centaine de manifestants dont beaucoup ne sont d´ailleurs pas des étudiants. 16 septembre : résolution de l´assemblée mixte de la FASCH, authentifiée et donc signée par le Coordonnateur du Conseil de Direction de l´Institution, le Professeur Hancy Pierre, demandant au Conseil de l´UEH de révoquer le Conseil Exécutif. 17 septembre : nouvelle rencontre au palais national à l´invitation du Président de la République. Le Président propose la création d´un comité de facilitation dont l´essentiel du mandat est d´œuvrer à la reprise d´un fonctionnement harmonieux de l´UEH, en privilégiant le dialogue avec tous les acteurs concernés. Le Conseil Exécutif de l´UEH et les Responsables de la FMP ne voient pas d´objection majeure à la création d´un tel comité et adhèrent donc à la proposition du Président. 18 septembre : rencontre au palais national du Conseil Exécutif et des Doyens de l´UEH avec le Président de la République. Seul le Conseil de Direction de la FASCH ne répondra pas à l´invitation de la Présidence. Les Doyens adhéreront eux aussi à la proposition du Président de créer le comité de facilitation. Seule la Direction de l´ENS émettra des réserves. 23 septembre : ADRESSE A LA NATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE Dans ce texte (paru, entre autres, dans Le Nouvelliste du 28 septembre 2009), le Président de la République : · rappelle que, quoique préoccupé par la crise qui sévit depuis plusieurs mois à l´UEH, il avait choisi de ne pas intervenir, voulant préserver l´autonomie de l´Institution universitaire ; · constate qu´aujourd´hui la confrontation a débordé le cadre purement académique, menaçant l´ordre et la paix publics ; · annonce donc qu´il a décidé de s´investir dans la résolution de la crise en :
· affirme enfin qu´il assumera son devoir de garant de l´ordre public et sa ferme volonté de mettre fin à toute atteinte à cet ordre 23 septembre : le Secrétariat Général de la Présidence annonce dans un communiqué de presse que la Présidence de la République a décidé de confier à un « Comité de Facilitation » la mission d´œuvrer à la reprise d´un fonctionnement harmonieux des différentes entités de l´UEH dans les meilleurs délais et d´amorcer les solutions aux problèmes bien réels mis en évidence par la crise. Le mandat du Comité est de 30 jours. Le Comité est composé de : · Madame Rose-Anne Auguste · Madame Josseline Colimom Fethière · Monsieur Emile Hérald Charles · Monsieur Jean Alouidor · Monsieur Mathias Pierre · Monsieur Fritzo Canton · Monsieur Hérold Jean-François
II. POSITIONS DU CONSEIL DES CHEFS DE DÉPARTEMENT ET DU CORPS PROFESSORAL DANS LA CRISE Le conseil des Chefs de Département d´abord puis l´Assemblée des Enseignants apporteront, dans différentes notes de presse, leur appui inconditionnel au Décanat élu de la Faculté et lui renouvelleront leur entière confiance, ce
§ et ensuite pour le fait que le Décanat, en dépit de circonstances conjoncturelles difficiles et de quelques erreurs vénielles de parcours, n´avait pas démérité et pouvait même s´enorgueillir d´un bilan plus qu´honorable à mi-parcours de son mandat Sans vouloir être exhaustif, nous citerons les quelques points suivants : a. il a su insuffler un nouveau dynamisme à la Faculté et créer un esprit d´équipe permettant à chacun d´apporter sa modeste contribution au processus de rénovation de l´Institution ; b. il a mis en place plusieurs commissions qui ont effectivement travaillé et produit des résultats tangibles. Ainsi :
c. il a lancé le projet majeur de refonte du curriculum de la Faculté. Une Commission, dans laquelle se retrouvent, entre autres, des enseignants de la Faculté, un représentant du Rectorat, un représentant du Ministère de la Santé Publique et de la Population, un représentant de l´Association Médicale Haïtienne (AMH), a défini, avec l´appui d´un expert canadien en élaboration de programmes d´enseignement, le profil du diplômé de Médecine. C´est la toute première étape des travaux devant aboutir à la refonte du curriculum. La Commission aurait dû présenter son premier rapport au mois de juin à la communauté universitaire dans son ensemble et tout particulièrement à celle de la FMP ; cela a été fait à l´Association Médicale Haïtienne (AMH), mais n´a pas pu l´être à la FMP en raison de la crise ; d. il a mis en route, avec l´aide du Projet d´appui au renforcement des capacités en gestion de la santé en Haïti (PARC), un projet de rénovation de la bibliothèque de la FMP, avec comme première réalisation la mise à la disposition des enseignants et des étudiants d´une bibliothèque virtuelle permettant l´accès à une documentation médicale variée et de qualité ; e. il a pu rénover, avec l´appui du plan national, la salle Aztéca (salle de conférence); aujourd´hui la FMP peut s´enorgueillir de disposer d´une salle de congrès digne de ce nom pour ses réunions scientifiques et autres manifestations du genre ; f. l´érection d´un laboratoire informatique, comprenant une cinquantaine d´ordinateurs et les technologies de communication les plus modernes, est en voie de finalisation et cette salle aurait dû déjà, n´était-ce la crise, être ouverte aux enseignants et étudiants de la Faculté. Le Conseil des Chefs de Département et les Enseignants par ailleurs attiraient d´emblée l´attention sur le fait que, si l´on n´y prenait garde, cette entreprise insensée, lancée par le comité central des étudiants à moins de deux mois de la fin de l´année universitaire, était de nature à entraîner la perte de leur année académique pour l´ensemble des étudiants de la Faculté. En ce qui concerne la question des sanctions, le consensus dégagé au sein du Décanat et du Conseil des Chefs de Département, appuyés par la grande majorité des Enseignants, est le suivant : · le principe même des sanctions n’est pas négociable. Les sanctions déjà prononcées par le Décanat et le Conseil des Chefs de Département sont et demeurent. D’autres peuvent toujours s´y ajouter ; · au moment opportun, les étudiants sanctionnés qui le souhaitent auront la possibilité de solliciter une mesure de révision de la sanction qui leur a été infligée. Cette demande sera faite par lettre individuelle comportant, outre la demande de révision proprement dite, un mot d’excuse et un engagement clair à ne plus s’engager dans la répétition des actes de violence ou de toutes autres actions répréhensibles, perpétrés au cours de la crise ; · les lettres jugées recevables, quant à leur forme par rapport aux trois points susmentionnés, seront transmises au Comité de discipline de la Faculté pour les suites appropriées ;
III. COMPRÉHENSION DE LA CRISE A PARTIR DES DONNÉES FACTUELLES DISPONIBLES III.A SA NATURE La crise qui a débuté le 27 avril 2009 à l´instigation des membres du comité central des étudiants est de loin la crise la plus grave qu´ait connue la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) depuis les années 60, non en raison de ses causes, somme toute futiles, mais en raison de la tournure prise par les évènements et de la violence qu´ils ont engendrée. Elle menace les fondements et la survie même de l´Institution. Il ne s´agit pas d´une crise de nature académique, contrairement à ce que les étudiants grévistes et certains universitaires notamment continuent de claironner avec force, assertion encore et toujours relayée par bon nombre de journalistes et de médias. S´il en était ainsi, la crise n´aurait certainement pas été déclenchée à deux mois de la fin de l´année universitaire et de surcroît par des meneurs en 5ème année de médecine pour nombre d´entre eux, c´est à dire à deux mois de leur entrée à l´internat, signifiant leur sortie de la vie active de la Faculté. S´il en était ainsi, la crise aurait déjà été résolue depuis belle lurette autour d une table, par la voie du dialogue et de la négociation. Une telle assertion ne signifie nullement le déni par nous d’authentiques problèmes académiques et structurels à la FMP. Il est évident par exemple que certains laboratoires de base font cruellement défaut à la FMP, faute de ressources humaines, financières et matérielles et ceci depuis des années. Il est par contre mensonger et malhonnête d´imputer cet état de fait au Décanat actuel en faisant accroire l´idée par exemple qu´il a commis la gaffe impardonnable de fermer le laboratoire de botanique de la pharmacie pour le remplacer par les bureaux du programme DESS Il suffit d´ailleurs de considérer la problématique budgétaire au niveau de la FMP pour se rendre compte que ces problèmes structurels sont et seront encore pour longtemps inévitables à moins d´une révision complète de la politique des pouvoirs publics en matière d´enseignement supérieur. Il est donc instructif de s´arrêter ici sur le budget de la FMP. L´Institution pour l´exercice 2008-2009 avait sollicité un budget global de 86, 056,178.71 gourdes, ventilé comme suit:
A noter qu´il avait été prévu dans ce budget des provisions pour le fonctionnement du laboratoire de chimie de la Faculté (ligne 204 : 27,000.00 gourdes pour achat de gaz propane et ligne 311 : 150,000.00 gourdes pour achat de produits chimiques et qu´aucune subvention n´a été accordée à cette fin. Pour l´exercice 2008-2009, la FMP ne recevra en définitive sur le papier qu´une allocation budgétaire de : 30, 369,342.00 gourdes, ventilée comme suit :
Nous ne parlerons même pas des difficultés de décaissement des sommes théoriquement allouées. Disons simplement qu´au mois d´avril 2009 la Faculté étant fermée depuis) que, selon les chiffres émanant du Rectorat, seulement 566,642.00 gourdes (soit 16.66%) avaient été décaissées par le Ministère de l´Economie et des Finances (MEF) au titre du fonctionnement hors salaires de la FMP. L´ensemble des ces chiffres parlent d´eux-mêmes et tout commentaire additionnel paraît superflu. Nous rappellerons simplement que l´un des Chefs de Département a eu à écrire, en référence à la stagnation et même à la régression, depuis des années, du budget de l´UEH et donc de celui de la FMP : « Nous avons l´impression d´assister à la chronique d´une strangulation financière annoncée et progressive de l´UEH, voulue, concertée et planifiée, à un véritable complot ourdi contre l´UEH, l´enseignement supérieur, le savoir, auquel participe, peut-être inconsciemment, le pouvoir parlementaire » . On comprend donc aisément, avec de telles données, qu´il y ait des problèmes structurels réels, susceptibles d´influer de manière négative sur la formation dispensée mais nous soulignons une fois de plus le fait que ces problèmes ne sont nullement imputables au Décanat de la FMP, qu´ils ne sauraient justifier un blocage de l´Institution à deux mois de la fermeture de l´année universitaire et qu´ils ne constituent pas le vrai motif de la crise. Ils ont simplement servi de paravent pour enjoliver le mouvement des étudiants. La crise en réalité trouve ses fondements dans l´intrication :
Il est possible que ces différentes mesures n´aient pas été suffisamment explicitées aux étudiants. Il y a eu certainement un déficit de communication, comme certains enseignants l´ont déjà rappelé à plusieurs reprises ; mais il convient de souligner ici que ce déficit n´est pas imputable uniquement au Décanat. Au début de l´année académique 2008-2009, il avait en effet tenté de rencontrer les différentes promotions d´étudiants pour leur expliquer le bien-fondé de certaines des mesures envisagées ou arrêtées, mais l´hostilité, l´impertinence et l´agressivité de certains étudiants qui aujourd´hui se retrouvent à la tête du mouvement avaient fait échouer cette initiative du Décanat ;
Une copie de la lettre responsive du Vice-Doyen de Médecine est adressée avec le dossier au Rectorat de l´UEH, selon les procédures en vigueur à l´UEH, ceci à l´époque où le Rectorat est occupé par les étudiants et certains professeurs de l´Ecole Normale Supérieure (ENS). La lettre est récupérée par ces derniers et aboutit entre les mains des étudiants de la FMP.
Entre-temps un comité de DCEM3 présidé par M. Bénêche sollicite du Rectorat 380,160 gdes pour couvrir les dépenses qui seront induites par un projet de « Commémoration et de célébration de la fête du Drapeau et de l´Université ». Une démarche est effectuée auprès du Décanat de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, après ce préalable contact avec le Rectorat, en vue d’obtenir son aval dans la recherche de sponsors pour financer ce dit projet. Le Décanat non avisé des contacts établis avec le Rectorat, faisait savoir qu’avant toute démarche à la recherche de sponsors, qu’il était de mise d’aborder ce dernier pour un tel financement. Ce n’est qu’au moment du contact avec le Conseil exécutif, qu’il allait apprendre que le dossier en question était déjà étudié et qu’il n’était pas approuvé. Voulant garder l’esprit de réflexion prôné en la circonstance par le Conseil exécutif, le Décanat le vendredi 24 avril, emboîtait le pas et décidait de ne pas appuyer la demande de recherche de sponsors. Ce fait est rapporté ici non dans une intention quelconque de ¨salir la personnalité¨ de M. Bénêche mais pour montrer que, contrairement aux allégations des étudiants, il existait bien des canaux de communication entre ces derniers et le Vice-Décanat de Médecine, chaque fois que le besoin s´en faisait sentir.
Dès lors se sentant menacé du fait de cette exclusion des stages hospitaliers qui compromettait irrémédiablement son année universitaire, plutôt que de faire humblement amende honorable et répondre à la convocation du service de pédiatrie – il aurait certainement écoper d´une sanction légère (blâme assorti d´une obligation d´excuses publiques à la Résidente) - il a préféré jouer habilement sur l´état d´esprit des étudiants et leurs mécontentements pour entraîner les membres de leur comité central et un certain nombre d´autres étudiants dans cette folle aventure dont ils ne prévoyaient, au début des évènements, ni l´ampleur, ni les graves conséquences. Il en résulte le déclenchement de la crise le lundi 27 avril 2009, soit 3 jours après la diffusion par lettre de la décision du Conseil des Chefs de Service. Cette analyse est également partagée par l´étudiant Eddyson Jolicœur qui dans une lettre ouverte et courageuse à ses camarades de la FMP, datée du 25 juin 2009, écrira : ¨ Ce que le comité ne savait pas et ce que l´étudiant Bénêche a omis de dire est que ce lundi 27 avril il allait être l´objet de sanctions académiques à cause de son attitude irrévérencieuse le jour de son examen de stage de pédiatrie à l´HUEH et surtout à cause de la légèreté avec laquelle il traita ce dossier…). Il ajoutera dans un autre passage fort de la lettre : ¨ L´étudiant Bénêche nous a tous menti (en gras dans la lettre) Il adressera également dans cette lettre des critiques au Décanat de la Faculté. Il est à noter par ailleurs que l´un des autres meneurs du mouvement des étudiants est Monsieur Sterley Manigat, présent par exemple lors du raid du 18 mai à la FDSE (Faculté de Droit et des Sciences économiques). M. Manigat est un récidiviste ; il avait été chassé avec 27 autres de ses camarades, tous membres de la 1ère année, ceci en décembre 2006, de la Faculté d´Odontologie (FO) pour avoir participé avec d´autres étudiants de sa promotion au badigeonnage des murs du bureau du Décanat de cette Institution avec de la matière fécale !!!. Le Décanat de la Faculté de Médecine dans sa générosité avait voulu donner une dernière chance à ce jeune et avait accepté qu’il intègre la FMP. Mais le vieil adage qui veut que : ¨Chasser le naturel, il revient au galop¨ est rarement pris en défaut.
Est-ce une simple maladresse épistolaire ? Est-ce une anticipation prophétique ? Est-ce au contraire un signal clair d’impunité absolue envoyé aux étudiants ? Pour notre part, nous avons tendance à privilégier la 3ème hypothèse, vu que cette position du Président de la Commission santé de la Chambre des Députés et de son conseiller spécial n’a jamais fait l’objet d’une quelconque rectification, en dépit de la tournure extrêmement grave prise par la suite par les évènements. Quoiqu’il en soit, nous sommes certains que pour leur part les étudiants contestataires ont dû interpréter ces propos comme un signal clair qu’ils pouvaient franchir toutes les lignes rouges et se livrer aux actes les plus répréhensibles en toute impunité. Comment interpréter également le fait que certains parlementaires pourtant présents à la rencontre du 03 juin entre la Commission Santé du Sénat et les Responsables de l’ UEH et de la FMP aient tenté, après la 1ère intervention des forces de l’ordre à la Faculté, de reprocher à ces derniers de ne pas avoir suffisamment priorisé le dialogue (ceci après plus de quatre mois de crise !!) et de ne pas avoir su choisir un médiateur indépendant, tandis que le Décanat de la FMP avait accepté dans cette rencontre le principe d’une médiation conduite par le Sénateur Hériveaux, lui-même quelque peu favorable aux idées et positions des étudiants ? Comment interpréter autrement l’intervention intempestive et inappropriée de certains leaders politiques absolument ignorants du dossier et de la problématique de la crise et confortant les étudiants dans leurs erreurs ? Toutes ces interventions pour le moins maladroites ont contribué à favoriser le raidissement des étudiants et la continuation des actes de vandalisme et de violence. La presse elle-même n’est pas exempte de critiques et a elle aussi favorisé les débordements inacceptables des étudiants par sa posture globalement partisane dans cette crise. N’a-t-on pas entendu l’un des animateurs de l’émission Ranmase reprocher un samedi à l’un des membres du Collectif des étudiants pour la sauvegarde de la FMP d’être venu à la radio dire que bon nombre d’étudiants souhaitaient reprendre sans conditions leurs activités académiques car, ce faisant, il affaiblissait le mouvement des étudiants contestataires ? Et les exemples de ce type pourraient être multipliés à l´infini
III.B SUPPRESSION DELIBEREE DES COURS PAR LE DECANAT Des 23 « revendications » formulées par le comité central des étudiants dans son document # 1, ce point semble avoir été, comme cela a été souligné précédemment, celui qui a retenu le plus l´attention des médias et par voie de conséquences de l´opinion publique. Le Décanat de la FMP et le Conseil des Chefs de Département ont donc jugé important d´y consacrer dans ce présent document un paragraphe spécifique afin d´apporter les clarifications suivantes : 1. Il est totalement faux – et ceci ils le crient haut et fort – de prétendre que le Décanat de la FMP ait délibérément supprimé un certain nombre de cours du cursus de la Faculté. Plusieurs des cours mentionnés par les étudiants comme supprimés soit avaient déjà eu lieu à la Faculté, soit étaient programmés pour le mois de mai, programmation portée à la connaissance des étudiants de longue date. A titre d´exemples : a) Le cours de rhumatologie figurant comme supprimé dans le document du comité central : le Professeur haïtien qui assurait l´enseignement de cette discipline a pris, en début d´année, sa retraite en raison de son grand âge et n´a pu être remplacé localement. Le Décanat a pu obtenir par l’intermédiaire de l’Agence universitaire francophone (AUF) que le Professeur Georges Jean-Baptiste, Doyen de la Faculté de Médecine de l´Université Antilles-Guyane (UAG) le remplace. Il a assuré, à la fin du premier semestre, ce cours sur une période de deux semaines (21 heures), cours qui a été sanctionné par un examen ; b) Le cours d´endocrinologie était assuré par un endocrinologue haïtien qui a quitté le pays, il y a quelques années et qui n´a pas pu, lui aussi, être remplacé localement. En 2006, la FMP avait choisi la solution de faire participer les étudiants de DCEM3, en lieu et place de ce cours d´endocrinologie, à un séminaire sur le diabète organisé par la Fondation haïtienne pour le diabète et les maladies cardio-vasculaires (FHADIMAC). Le Décanat a pu obtenir en 2009, par le biais de l’AUF (agence universitaire francophone) qu´un Professeur de la Faculté de Médecine de Nantes vienne dispenser ce cours sur une période d´une semaine à raison de 5 heures de cours par jour, soit environ 25 heures pour la totalité du cours (durée supérieure à celle d´un semestre d´enseignement qui totalise environ 14 à 15 heures). Le Professeur Michel Krempf est effectivement arrivé au début du mois de mai pour dispenser son cours du 04 au 08 mai 2009. Dans une lettre à lui adressée et signée du président, du vice-président et du secrétaire du comité central des étudiants, ils lui ont fait part de leur indisponibilité à suivre l´enseignement !!. 2. 2ème cas de figure : la situation du cours de statistique Le professeur chargé de cette discipline a décidé en début d´année, de mettre fin à son enseignement. Le Décanat, en dépit de tous ses efforts, a été dans l´impossibilité de pourvoir à son remplacement en cours d´année et se proposait de rattraper le cours l´année suivante. 3. 3ème cas de figure : les cours discontinués ou déjà inexistants au cursus bien avant la prise de fonction de l´actuel Décanat Tel est le cas par exemple du cours dit de méthodologie de la recherche ou encore de la génétique médicale. Le Décanat conscient de ces lacunes s´est d´emblée penché sur ces situations particulières et tente de les résoudre le plus rapidement possible. C´est ainsi qu´il vient d´engager le Professeur Wesner Antoine, recommandé par le Rectorat, pour assurer le cours de génétique médicale. Il est donc malhonnête de prétendre que de tels cours ont été supprimés par l´actuel Décanat de la FMP. 4. 4ème cas de figure : le cas spécifique de la médecine familiale Suite aux évènements de Septembre 2008, le Recteur de l´UEH, seule autorité de nomination et de révocation de l´UEH, avait, sur rapport du Décanat, adressé une lettre de cessation de service à l´enseignant chargé du cours, le Dr Lubraine Bien-Aimé. La Médecine familiale est une spécialité médicale qui, en tant que telle, relève davantage du 3ème cycle des études médicales et est de fait incorporé au programme de la Résidence hospitalière. Cette spécialité est prise en charge, depuis quelques années, à l´hôpital Justinien du Cap-Haïtien par l´Université de Miami, dans le cadre d´une convention interuniversitaire. Il avait été décidé que, dans ces conditions, un cours d´introduction à la Médecine familiale en DCEM3 était plus approprié. Ce cours d´introduction, qui devait être dispensé par l´Université de Miami, avait été programmé pour la 2ème semaine de mai mais a dû être annulé. 5. 5 ème cas de figure : le cas de l’ anatomie radiologique Le Professeur titulaire devant laisser le pays, recommande son assistant, un jeune Radiologue, Médecin de Service à l’Hôpital de l’Université qui participait à l’enseignement de la matière depuis déjà deux ans. Ce dernier, bénéficiaire d’une bourse de formation, accepte d’assurer pour l’année académique 2008 – 2009 un module de 4 semaines au cours du mois de juin. Le remplacement des cours par des séminaires : il n´en est rien. Ce que les étudiants qualifient de séminaires sont en réalité des cours dispensés sous forme de modules d´enseignement intégré, d´une durée habituellement égale, voire supérieure à celle d´un enseignement dispensé tout au long d´un semestre et sanctionné par un examen régulier. Ce type d´enseignement est de plus en plus prisé dans les universités étrangères. III.C LES « NEGOCIATIONS » Toutes les tentatives de médiations ou de négociations, qu’elles soient venues de la Commission Santé du Sénat de la République, du Conseil Exécutif de l’UEH lui-même ou de certains enseignants réputés proches des étudiants grévistes ont échoué. Les enseignants qui ont rencontré les étudiants pendant des dizaines d’heures pour certains ont reconnus qu’ils s’étaient heurtés à un véritable mur et que les étudiants avaient systématiquement et obstinément refusé toute possibilité de dialogue avec le Décanat. La condition préalable à tout dialogue était le départ pur et simple du Décanat. Le Sénateur Hériveaux et ses collègues avaient, lors de la rencontre du 3 juin, convaincu le Décanat d’accepter une rencontre avec le comité central. La rencontre devait avoir lieu le vendredi 5 juin 2009. Mais le Sénateur Hériveaux allait lui aussi recevoir son camouflet. Dans l’après-midi du 4 juin, il était contraint d’appeler le Recteur de l’UEH pour décommander la rencontre. Les étudiants lui avaient signifié une fin de non recevoir : le temps du dialogue était révolu selon eux : il avait désormais un autre agenda. Le Conseil Exécutif de l’UEH qui voulait rencontrer, le lundi 20 juillet 2009, tous les étudiants de la Faculté dans l’enceinte même de l’Institution n’a pas été plus heureux. Cette tentative de rencontre s’est elle aussi soldée par un échec et s’est même assez mal terminée. La Faculté restait donc occupée illégalement par une poignée d’étudiants, apparemment décidés à perdre et encore plus à faire perdre à la grande majorité des étudiants les bénéfices d’une année d’études universitaires. Il paraissait d’ailleurs d’emblée évident qu’il n’y aurait aucune possibilité de dialogue entre le Décanat de la Faculté et la poignée d’étudiants grévistes qui s’était engagée dans la spirale insensée et sans issue du “jusqu’au boutisme” et dont la seule réelle revendication était d’obtenir à tout prix et par tous les moyens le départ de ce Décanat. Il ne pouvait y avoir sur ce point – le seul donc en discussion – de position intermédiaire entre celle des étudiants grévistes et celle du Décanat appuyée par le Conseil des Chefs de Département, l’Assemblée des Enseignants et le Conseil de l’UEH. Il suffit d’ailleurs de se rappeler que, même lorsque contraints par les évènements les étudiants à deux reprises “invitaient” le Décanat à une rencontre dans la Faculté occupée, ils continuaient dans le même temps à réclamer haut et fort dans leurs manifestations et dans les différents médias de la Capitale le départ de ce même Décanat. Le principal meneur du mouvement expliquait par ailleurs que le seul objectif de la rencontre (la 2ème) était de préciser à la Doyenne et aux Vice-Doyens les raisons pour lesquelles ils devaient partir.
IV. PROPOSITIONS POUR UNE REPRISE PROGRESSIVE DU FONCTIONNEMENT NORMAL DE LA FMP IV.A BREF RAPPEL DES MESURES ARRETEES PAR LA FMP LE 8 SEPTEMBRE 2009 Suite aux graves incidents survenus le 07 septembre 2009 à l’occasion de la réouverture académique de la Faculté, le Décanat et le Conseil des Chefs de Département ont assumé leurs responsabilités et ont décidé : 1) de faire évacuer à nouveau la Faculté par les forces de l’ordre. Cette opération a eu lieu le 09 septembre 2009 ; 2) de fermer la Faculté jusqu’à nouvel ordre ; 3) de sanctionner un certain nombre d’étudiants :
Les principaux chefs d’accusation retenus contre les étudiants sanctionnés ont été les suivants : 1. Fermeture par la force et occupation illégales d´un bâtiment administratif desservant le public Cette fermeture et cette occupation vont en effet à l´encontre des lois de la République et de l´avis réglementaire émis par le Décanat à la suite d’une première grève des étudiants qui remontait à septembre 2008 Elles ont eu lieu de surcroît sans consultation préalable de l´Assemblée des étudiants de la Faculté. 2. Intimidations et menaces pour forcer l´évacuation du personnel administratif présent à la Faculté au moment de l´occupation des lieux 3. Blocage des stages hospitaliers Pièce à conviction : lettre adressée aux moniteurs de stages 4. Blocage du cours du Professeur Krempf Pièce à conviction : lettre adressée au Professeur Krempf pour lui expliquer que les étudiants ne pourraient pas suivre son cours, malgré qu´il ait quitté son service à Nantes pour venir dispenser l’enseignement 5. Propos diffamatoires, agressions verbales contre certains enseignants Pièces à conviction : différentes déclarations dans les médias (radios et télévisions) de la capitale (Kiskeya, Vision 2000, Métropole, Caraïbes, Signal FM, Radio Ibo, Télé Guinen, TNH, Tropic FM) Autres pièces à conviction : les graffitis injurieux inscrits à la Faculté, sur les murs des cliniques de certains enseignants (Drs Carrénard, Sévère et Télémaque). 6. Agressions physiques sur la personne de certains enseignants et de certains étudiants Agression physique violente sur la personne du Dr Carrénard pris dans un véritable guet-apens aux environs de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques (FDSE). Agression physique sur la personne de l’étudiante Stéphanie Compère à la FMP même. 7. Dégradation marquée de l´image de la FMP Manifestations violentes dans les rues de la capitale et particulièrement devant la Faculté avec jets de pierres, bris des vitres des véhicules de simples passants, mise à feu d´un véhicule devant la Faculté, barricades, pneus incendiés Présence de gens cagoulés à l´intérieur de la Faculté. Tous chefs d’accusation encore aggravés par les faits qui se sont déroulés au cours de la journée du 7 septembre. IV.B STRATEGIE DE REOUVERTURE DE LA FACULTE La Faculté est fermée depuis le 9 septembre. La poignée d’étudiants qui l’occupaient illégalement, depuis avril pratiquement, a été évacuée. Certes les protestations et les manifestations se poursuivent de manière sporadique mais elles ne font plus recette. Il s’agit maintenant de rouvrir la Faculté. Le Décanat et le Conseil des Chefs de Département ont décidé de travailler étroitement à cette fin avec le Comité de Facilitation. Afin de parvenir à un climat de sérénité indispensable à cette réouverture, le Décanat et le Conseil des Chefs de Département, tout en réaffirmant haut et fort que le principe des sanctions n’est pas négociable, ont fait preuve de flexibilité et ont admis que certaines sanctions pouvaient faire l’objet, le moment venu, d’une mesure de révision par devant le comité de discipline de la Faculté. Une fois le climat de sérénité partiellement ou totalement revenu, le Décanat et le Conseil des Chefs de Département proposent que le processus de réouverture de la FMP suive les étapes suivantes : 1) Réouverture administrative de la Faculté 2) Réception par le Décanat et le Conseil des Chefs de Département des étudiants promotion par promotion. Il leur sera remis à cette occasion après un petit mot d’accueil par le Doyen, leur badge d’identification pour l’année universitaire 2009-2010. Il va de soi que les étudiants sanctionnés et qui ont introduit une demande de révision de leurs cas ne pourront pas retourner à la Faculté, tant que le Comité de discipline ne se sera pas prononcé sur leur cas. 3) Organisation des états généraux de la Faculté. Ce dernier mérite d’être quelque peu détaillé. IV.C ORGANISATION DES ETATS GENERAUX DE LA FMP Phase I : Lancement de ces états généraux : Il devrait avoir lieu le lendemain même de la réouverture officielle de la Faculté. Ce lancement se fera à l´initiative du Décanat de la Faculté en présence :
Prendront la parole pour ouvrir ces états généraux :
La période des débats Viendra, après les discours, le moment où il faudra ouvrir les débats et donner la parole aux étudiants. Pour que les échanges soient fructueux, il faut bien entendu que :
Si le principe de ces états généraux de la FMP est retenu, il serait souhaitable qu´une petite équipe soit mise rapidement sur pied pour réfléchir à la préparation et à l´organisation de cette première phase des débats. Rapport : en fin de journée, deux rapporteurs, l´un désigné par le corps professoral et l´autre par les étudiants, feront la synthèse de la journée. Il serait important que discours et débats soient enregistrés in extenso. Phase II : Travaux en Commissions A la fin de cette journée de lancement, il sera mis sur pied des commissions dont le nombre et la composition seront fonction des thématiques retenues. Chaque commission devra analyser dans tous ses aspects la problématique de la thématique qui lui est proposée et conclure son travail par des recommandations aux instances dirigeantes de l´UEH et de la Faculté. Chaque commission désignera en son sein un coordonnateur et un rapporteur. Le Décanat de la Faculté, aidé au besoin par le Conseil Exécutif de l´UEH, devra mettre à la disposition des différentes commissions tous les documents disponibles et également les moyens logistiques dont elles ont besoin pour accomplir efficacement leur travail. Les Commissions peuvent également solliciter des rencontres avec les Responsables de la FMP et de l´UEH Liste des commissions à titre indicatif : · Commission sur la gouvernance de la Faculté
· Commission sur la communication
Cette liste n´est certainement pas exhaustive. D´autres Commissions pourront être suggérées par le Décanat, le Conseil des Chefs de Département, le corps professoral, les étudiants, le Comité de facilitation... Chaque Commission aura un délai de 21 jours pour produire son rapport. Phase III : la phase de restitution Une fois que les rapports de toutes les Commissions seront disponibles, il sera organisé par le Décanat une journée de restitution de ces travaux. Les mêmes personnalités présentes le jour du lancement des états généraux seront à nouveau invitées. Les différents rapports seront présentés en plénière et leurs recommandations soulignées. Il serait intéressant à cette occasion que le Décanat présente son bilan à mi-parcours, document déjà prêt et que soit également présenté le travail sur le profil du futur diplômé de la FMP.
EN CONCLUSION Il s´agit sans conteste, comme déjà souligné, de la crise la plus grave qu´ait connue la FMP. Des Enseignants et des Etudiants ainsi que des parents d´Etudiants ont été physiquement attaqués. Les Etudiants ont gagné les rues et se sont attaqué aux personnes et aux biens. On n´était jamais arrivé à ces extrémités. Il s´est créé, comme a eu à le souligner le Dr Franck Télémaque, un fossé énorme entre les étudiants – notamment le groupe des contestataires – et le corps professoral. L´on peut même dire qu´il s´est installé chez beaucoup de ces étudiants contestataires un sentiment profond de haine à l´égard du Décanat, de certains Enseignants et même des étudiants (tes) qui ne partagent pas leur point de vue. Les évènements du 07 septembre dernier sont là pour le rappeler. Il n´est donc pas possible de faire comme si rien ne s´était passé et de vouloir reprendre de suite les cours. Ce n’est certainement pas le plus important. Même la sauvegarde de l’année académique, à notre avis, passe au second plan. La première tâche du Décanat, du Conseil des Chefs de Département et du corps professoral sera de tenter de recoudre le tissu facultaire totalement déchiré et de faire en sorte qu´à nouveau enseignants et étudiants, y compris ceux parmi les contestataires qui n´ont pas été sanctionnés pour fautes graves, puissent à nouveau se côtoyer et se parler sans suspicion. Pour ce faire, il faut le plus rapidement possible ouvrir le dialogue, mettre tous les problèmes de la Faculté à plat, sans être obnubilé par le temps. Cette mise à plat devra se faire dans cette sorte de grand forum permanent auquel nous avons donné, faute de mieux, le nom d´Etats Généraux de la Faculté de Médecine et de Pharmacie. Cette crise peut néanmoins être salutaire pour l´UEH et la FMP dans la mesure où elle semble avoir amené les pouvoirs exécutif et législatif à prendre conscience que pendant trop longtemps l´UEH et donc la FMP ont été abandonnées à elles-mêmes, privées de réels moyens susceptibles de leur permettre d´accomplir leur triple mission et condamnées à vivre dans l´indigence. Cette crise peut également être salutaire pour l´UEH dans la mesure où le Pouvoir Exécutif semble avoir pris conscience de la nécessité de définir une véritable politique de l´Enseignement supérieur prenant en compte les besoins et les réalités du pays et de mettre à la disposition de l´Institution Universitaire les moyens qui lui permettront de répondre aux exigences de cette politique ainsi redéfinie. Cette crise pourra enfin être salutaire si nous universitaires savons nous élever à la hauteur de la tâche qui nous attend.
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